Indicateurs de l'IAD

Depuis l’harmonisation des indicateurs du développement durable, les pays s’auto-évaluent et se comparent entre eux de façon à opposer les performances de chacun.

Qu’en est-il du développement durable en agriculture ? La dynamique d’harmonisation est beaucoup plus lente à se mettre en place et les systèmes d’indicateurs qui en résultent ne sont pas équilibrés.

Pour l’Institut de l’Agriculture Durable, l’agriculture durable doit être guidée par des pratiques agricoles, soucieuses des enjeux économiques, environnementaux et sociaux, et surtout capables de répondre au challenge  « de subvenir de façon durable aux besoins alimentaires de 9 milliards d’individus d’ici 2050». Il est clair que l’agriculture française, compte tenu de sa situation pédoclimatique très favorable, devra participer à cet effort.

Pour éviter une crise mondiale de la faim, la seule solution serait de produire plus, soit par augmentation des rendements, soit par augmentation des surfaces agricoles, soit par la combinaison des 2 approches.

Les enjeux de l’agriculture durable sont désormais énormes. Il s’agit de Produire PLUS pour participer à l’effort de nutrition et MIEUX pour préserver les ressources – eau, sol, air, climat – de la planète. Mais aussi produire plus pour répondre aux défis énergétiques, pour rester compétitif et rentable… pour s’adapter aux marchés locaux et mondiaux et pour pérenniser les entreprises agricoles.

Pour atteindre ces résultats, l’IAD propose une démarche innovante aux agriculteurs : s’évaluer pour évoluer dans une démarche de progrès. Cette démarche est construite à partir d’indicateurs mesurant des résultats facilement disponibles dans les fermes et accessibles aux agriculteurs.

 

Proposition de l’IAD

Il apparait difficile pour les agriculteurs d’améliorer leurs pratiques en suivant des outils non homogènes et peu opérationnels se basant sur des systèmes de notation subjective. En effet, un mauvais résultat avec DIALECTE deviendrait bon avec IDEA. Les membres de l’IAD décident de mettre en place une synthèse identifiant des indicateurs pertinents. Il s’agit de répondre à l’attente des agriculteurs sur un système d’évaluation fiable, simple et objectif. L’objectivité est facile à identifier, il suffit de mesurer un résultat.

 

La démarche de l’IAD

La démarche de progrès vers une agriculture durable doit mesurer les résultats du système agricole et être facilement compréhensible. Des indicateurs simples d’utilisation par les agriculteurs permettent de s’auto-évaluer si nécessaire avec un temps de collecte et de traitement raisonnable (2 à 3 heures maxi).

Les indicateurs sont choisis parmi les systèmes d’évaluation validés aussi bien au niveau national qu’européen ou international  pour leur pertinence, leur équilibre, leur objectivité et leur facilité d’utilisation.  Les sources ayant servi de référence sont les suivantes :

  • Les institutionnels : ONU, FAO, FDA, OMC, Union Européenne, Eurostat, ADEME, ARVALIS, IFEN, MAFF
  • Les organismes agricoles professionnels: FNSEA, APCA, Ukraine, Pologne, Benelux, Chine, Australie, USA
  • Les Organisations Intergouvernementales (OIG) : PNUD, OCDE, OMS, Banque mondiale
  • Les Organisations Non Gouvernementales (ONG) : WWF, Greenpeace, Solagro,
  • La grande distribution : Casino, Carrefour, Leclerc, Unilever, Kraft, Tesco, Nestlé

Ensuite, la saisie des données pour l’analyse reprend la méthodologie de l’indicateur français le plus cohérent et le plus apte à la mesure des résultats.

Au final, l’outil comporte 28 indicateurs regroupés sous 7 thèmes pertinents : la viabilité économique, l’impact social, l’efficience d’utilisation des intrants, la qualité des sols, les gaz à effet de serre (GES), la qualité de l’eau, la Biodiversité.

Les indicateurs de l’IAD :

  • s’inscrivent dans une logique de mesure de résultats dès que cela est possible. Les indicateurs de pression peuvent avoir des conséquences sur l’environnement très différentes selon les situations (ex : deux applications de produit phytosanitaire à la même dose peuvent connaître des fuites par ruissellement très différentes selon le contexte pédoclimatique des interventions et les techniques de gestion des sols).
  • sont réutilisables dans le temps afin de mesurer une éventuelle dynamique de progrès.
  • sont légitimes car ils proviennent de systèmes d’évaluation existants et reconnus.
  • sont faciles à comparer et permettent l’échange et la communication. Les échelles choisies et les unités utilisées sont compréhensibles par tous, y compris le Grand Public.

L’échelle de mesure retenue est l’entreprise agricole. Mais les indicateurs fonctionnent aussi à la parcelle si les enregistrements techniques et économiques sont affectés à cette échelle. De même, par agrégation, ils mesurent les résultats à l’échelle régionale ou nationale. Il est finalement possible d’avoir des résultats  concernant toutes les échelles du territoire, du micro local au global et sur tout type de production.

 
Le développement des indicateurs de l’IAD

L’enregistrement est proposé en ligne sur le site www.indiciades.net. L’agriculteur peut d’un simple clic s’auto évaluer et disposer d’un résultat. Cet outil est opérationnel depuis janvier 2013.

Pour l’enregistrement, il est nécessaire de se munir des résultats comptables, du cahier de fertilisation, du cahier sanitaire et du cahier d’enregistrement phytosanitaire d’un même exercice de gestion (par exemple, l’année 2009) de même que de la déclaration PAC.

>>>Consulter la fiche technique des indicateurs de l'IAD